Urgence climatique et justice sociale à Nantes

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Thursday, April 29 2010

Echos de Cochabamba

La Bolivie, qui fait partie des rares pays à s’être positionné contre le calamiteux accord de Copenhague, a pris l’initiative d’inviter gouvernements, scientifiques, institutions internationales, ONG et mouvements sociaux à une « Conférence Mondiale des Peuples sur le Changement Climatique et les Droits de la Mère Terre », du 20 au 22 avril (http://cmpcc.org/).

Plus d'infos et d'analyses sur le déroulement de la conférence sur le site d'UCJS et sur article11 :

La conférence a ainsi débouché sur la rédaction d'un "ACCORD DES PEUPLES", reproduit ci-dessous en version française (traduction : www.m-e-dium.net) :

ACCORD DES PEUPLES

Conférence Mondiale des Peuples sur le Changement Climatique et les Droits de la Terre-Mère / 22 avril Cochabamba, Bolivie

Aujourd'hui, notre Terre-Mère est blessée et l'avenir de l'humanité est en péril.

Si la planète se réchauffe de plus de 2º C, comme l'implique ledit « Accord de Copenhague », il y a 50 % de chances que les dommages que subirait notre Terre-Mère soient totalement irréversibles. 20 % à 30 % des espèces seraient en danger d'extinction. De vastes étendues de forêt seraient touchées, les sécheresses et les inondations toucheraient différentes régions de la planète, les déserts s'étendraient et la fonte des pôles et des glaciers dans les Andes et l'Himalaya s'aggraverait. De nombreux états insulaires disparaîtraient et l'Afrique subirait un accroissement de la température de plus de 3º C. De même, la production d'aliments réduirait à l'échelle mondiale avec des conséquences catastrophiques pour la survie des habitants de vastes régions de la planète, et le nombre de personnes souffrant de famine dans le monde, qui dépasse déjà 1,02 milliard, augmenterait de façon dramatique.

Les entreprises et les gouvernements des pays dits « les plus développés », avec la complicité d'une partie de la communauté scientifique, réduisent la question du changement climatique à une élévation de la température sans en aborder la cause qui est le système capitalisme.

Nous sommes confrontés à la crise ultime du modèle de civilisation patriarcal fondé sur la soumission et à la destruction des êtres humains et de la nature qui s'est accéléré avec la révolution industrielle.

Le système capitaliste nous a imposé une logique de concurrence, de progrès et de croissance illimitée. Ce régime de production et de consommation repose sur la recherche de gains sans limites, en séparant l'être humain de la nature et en instaurant une logique de domination sur cette dernière, transformant tout en marchandise : l'eau, la terre, le génome humain, les cultures ancestrales, la biodiversité, la justice, l'éthique, les droits des peuples, et la vie elle-même.

En régime capitaliste, la Terre-Mère est simplement la source des matières premières et les êtres humains ne sont que des moyens de production et de consommation, des personnes qui ont de la valeur en fonction de ce qu'ils possèdent et non par ce qu'ils sont.

Le capitalisme a besoin d'une puissante industrie militaire pour mener à bien son entreprise d'accumulation et pour assurer le contrôle des territoires et des ressources naturelles, en usant de répression contre la résistance des peuples. Il s'agit d'un système impérialiste qui colonise la planète.

L'humanité est aujourd'hui à la croisée des chemins : poursuivre sur la voie du capitalisme, de la mise à sac et de la mort ou emprunter le chemin de l'harmonie avec la nature et du respect de la vie.

Nous exigeons la fondation d'un nouveau système qui rétablisse l'harmonie avec la nature et entre les êtres humains. L'équilibre avec la nature n'est possible que s'il y a équité entre les êtres humains.

Nous proposons aux peuples du monde de récupérer, de revaloriser et de renforcer les connaissances, les savoirs et les pratiques ancestrales des Peuples indigènes, affirmés dans l'expérience et la proposition du « Vivre bien », en reconnaissant la Terre-Mère comme un être vivant, avec lequel nous avons une relation indivisible, interdépendante, complémentaire et spirituelle.

Pour faire face au changement climatique, nous devons reconnaître la Terre-Mère comme source de vie et fonder un nouveau système selon les principes suivants :

  • harmonie et équilibre entre tou-te-s et avec tout,
  • complémentarité, solidarité et égalité,
  • bien-être collectif et satisfaction des besoins fondamentaux de tou-te-s en harmonie avec la Terre-Mère ,
  • respect des droits de la Terre-Mère et des Droits de l'Homme,
  • reconnaissance de l'être humain pour ce qu'il est et non pour ce qu'il possède,
  • élimination de toute forme de colonialisme, d'impérialisme et d'interventionnisme,
  • paix entre les peuples et avec la Terre-Mère.

Le modèle que nous défendons n'est pas celui d'un développement destructif ou illimité. Les pays ont besoin de produire des biens et des services pour satisfaire les besoins fondamentaux de leur population, mais ils ne peuvent en aucun cas poursuivre sur cette voie de développement où les pays les plus riches ont une empreinte écologique cinq fois plus grande que ce que la planète peut supporter. Actuellement, la capacité de la planète à se régénérer a déjà été dépassée de plus de 30 %. A ce rythme de surexploitation de notre Terre-Mère , il nous faudrait deux planètes d'ici 2030.

Dans un système interdépendant dont nous, êtres humains, sommes un des composants, il n'est pas possible de reconnaître des droits uniquement à la partie humaine du système sans provoquer un déséquilibre de tout le système. Afin de garantir les droits de l'homme et de rétablir l'harmonie avec la nature, il est nécessaire de reconnaitre et d'appliquer véritablement les droits de la Terre-Mère .

Pour cela, nous proposons le projet de Déclaration Universelle des Droits de la Terre-Mère dans lequel sont consignés :

  • le Droit de vivre et d'exister,
  • le Droit d'être respectée,
  • le Droit de poursuivre ses cycles et processus vitaux libre de toute dégradation humaine,
  • le Droit de conserver son identité et son intégrité comme êtres différenciés, autorégulés et interdépendants,
  • le Droit à l'eau comme source de vie,
  • le Droit à l'air libre,
  • le Droit à une bonne santé,
  • le Droit d'être libérée de la contamination et de la pollution, des déchets toxiques et radioactifs,
  • le Droit de ne pas être modifié génétiquement dans sa structure, menaçant son intégrité ou son système vital et sa santé,
  • le Droit à une réparation pleine et prompte pour les violations des droits reconnus dans cette Déclaration et causés par les activités humaines.

La vision partagée consiste à stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre pour rendre effectif l'Article 2 de la Convention-Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique, qui détermine « la stabilisation des concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche les interférences anthropogéniques dangereuses pour le système climatique ». Notre but est d'exiger des pays développés, sur la base du principe des responsabilités historiques communes mais différenciées, qu'ils s'engagent à fixer des objectifs quantifiés en matière de réduction des émissions qui permettent de revenir à des concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère de 300 ppm et de limiter ainsi l'augmentation de la température moyenne de la planète à un niveau maximum de 1°C.

En mettant l'accent sur la nécessité d'une action urgente pour respecter ces objectifs, et avec le soutien des peuples, des mouvements sociaux et des pays, les pays développés devront s'engager dans des objectifs ambitieux de réduction des émissions qui permettront d'atteindre des objectifs à court terme, en maintenant notre vision en faveur de l'équilibre du système de la Terre, en accord avec l'objectif ultime de la Convention.

La « vision partagée pour l'Action de Coopération à Long Terme » ne doit pas être réduite dans la négociation sur le changement climatique à la définition de la limite pour l'augmentation de la température et la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, elle doit inclure de manière complète et équilibrée un ensemble de mesures financières, technologiques, d'adaptation, de développement des capacités, de modèles de production et de consommation et d'autres éléments essentiels tels que la reconnaissance des droits de la Terre-Mère pour rétablir une harmonie avec la nature.

En assumant leur responsabilité passée et actuelle, les pays développés, principaux responsables du changement climatique, doivent reconnaitre et honorer leur dette climatique dans toutes ses dimensions, comme une base pour une solution juste, effective et scientifique au changement climatique. Dans ce cadre, nous exigeons des pays développés qu'ils :

  • rétrocèdent aux pays en développement l'espace atmosphérique qui est occupé par leurs émissions de gaz à effet de serre. Ceci implique la décolonisation de l'atmosphère par la réduction et l'absorption des
  • prennent en charge les coûts et les besoins de transfert technologique des pays en développement pour la perte d'opportunités de développement qu'ils subissent en vivant dans un espace atmosphérique réduit,prennent sous leur responsabilité les centaines de milliers de personnes qui devront migrer à cause du changement climatique par leur faute et qu'ils suppriment leurs politiques de restriction de l'immigration et offrent aux personnes migrantes une vie digne ainsi que tous les droits accordés dans leurs pays,
  • assument la dette d'adaptation liée aux impacts du changement climatique dans les pays en développement en fournissant les moyens nécessaires permettant de prévenir, de minimiser et de régler les dommages causés par leurs émissions excessives,
  • honorent ces dettes comme faisant partie d'une dette plus grande encore envers la Terre-Mère, en adoptant et en mettant en application la Déclaration Universelle des Droits de la Terre-Mère aux Nations Unies.

Il ne s'agit pas uniquement de compensation économique, mais principalement de justice réparatrice - c'est-à-dire de rendre leur intégrité aux personnes et aux membres de la communauté de vie sur Terre.

Nous déplorons la tentative faite par un groupe de pays d'annuler le Protocole de Kyoto, seul instrument légal inaliénable spécifique pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays développés.

Nous avertissons le monde que, malgré leur obligation légale, les émissions des pays développés, au lieu de réduire, ont augmenté de 11,2 % entre 1990 et 2007.

Aux Etats-Unis, les émissions de GES ont augmenté de 16,8 % entre 1990 et 2007 à cause de leur consommation illimitée, avec en moyenne 20 à 23 tonnes de CO2 rejetées par an et par habitant, ce qui représente plus de neuf fois les émissions moyennes d'un habitant du Tiers-monde, et plus de 20 fois les émissions d'un habitant de l'Afrique Subsaharienne.

Nous rejetons catégoriquement l'« Accord de Copenhague » que nous jugeons illégitime ; il permet aux pays développés de proposer des réductions insuffisantes d'émissions de gaz à effet de serre, sur la base d'engagements volontaires et individuels, qui violent l'intégrité environnementale de la Terre-Mère en entraînant une augmentation de la température de l'ordre de 4ºC.

La prochaine Conférence sur le Changement Climatique qui doit avoir lieu en fin d'année au Mexique doit approuver un amendement au Protocole de Kyoto, pour la seconde période d'engagement de 2013 à 2017, qui stipule que les pays développés doivent s'engager à des réductions domestiques significatives d'au moins 50 % par rapport à 1990, l'année de référence, sans prendre en compte les marchés du carbone ou autres systèmes de compensation qui masquent le fait que les objectifs de réduction réelle des émissions de gaz à effet de serre ne sont pas remplis.

Nous exigeons que soit d'abord décidé un objectif global pour l'ensemble des pays développés qui serait ensuite décliné pour chacun des pays développés en comparant les efforts fournis par chacun, perpétuant ainsi le système du Protocole de Kyoto pour la réduction des émissions.

Les Etats-Unis d'Amérique, seul pays de la Terre de l'Annexe 1 n'ayant pas ratifié le Protocole de Kyoto, ont une grande responsabilité à l'égard de tous les peuples du monde car ils doivent ratifier le Protocole de Kyoto et s'engager à respecter et à réaliser des objectifs de réduction d'émissions à une échelle appropriée au regard de l'importance de son économie.

Nous, les peuples, avons les mêmes droits d'être protégés des impacts du changement climatique et rejetons la notion d'adaptation au changement climatique si elle est la résignation face aux impacts des émissions passées des pays développés, qui eux doivent adapter leurs modes de vie et de consommation devant cette urgence planétaire. Nous nous voyons contraints de faire face aux impacts du changement climatique, et considérons que l'adaptation est un processus, non une contrainte, qu'il est un outil permettant de les compenser, démontrant ainsi qu'il est possible de vivre en harmonie avec un modèle de vie différent.

Il est nécessaire de mettre en place un Fonds d'Adaptation, utilisé exclusivement pour faire face au changement climatique, et qui ferait partie d'un mécanisme financier géré et dirigé de manière souveraine, transparente et équitable pour nos Etats. Dans le cadre de ce fonds, il convient d'évaluer les impacts et leurs coûts dans les pays en développement et les besoins que ces impacts détournent, et enregistrer et superviser le soutien apporté par les pays développés. Ce fonds doit également gérer un mécanisme destiné à réparer-les dommages causés par des impacts passés et futurs, la perte d'opportunités et le provisionnement pour événements climatiques extrêmes et progressifs, et les coûts supplémentaires éventuels si notre planète dépasse les seuils écologiques ainsi que les impacts qui freinent le droit à Vivre Bien.

L' « Accord de Copenhague », imposé aux pays en développement par quelques Etats, outre l'insuffisance des ressources qu'il propose, prétend en lui-même diviser et opposer les peuples et extorquer les pays en voie de développement en conditionnant l'accès aux ressources pour les efforts d'adaptation et de réduction.. De plus, il est inacceptable que dans les processus de négociation internationale, on tente de classifier les pays en développement en fonction de leur vulnérabilité au changement climatique, ce qui engendre entre eux des disputes, des inégalités et des ségrégations.

L'immense défi auquel nous devons faire face en tant qu'humanité pour contenir le réchauffement de la planète et la refroidir ne sera relevé que grâce à une profonde transformation de l'agriculture vers un modèle viable de production agricole paysan et indigène et vers d'autres modèles et pratiques qui contribueront à résoudre le problème du changement climatique et garantiront la Souveraineté Alimentaire, prise en son sens de droit des peuples à contrôler leurs propres semences, terres et eaux et la production de leurs aliments grâce à une production locale et culturellement ancrée, en harmonie avec la Terre-Mère, l'accès pour les peuples à une alimentation suffisante, variée et nourrissante en complémentarité avec la Terre-Mère et en améliorant la production autonome (participative, communautaire et partagée) de chaque nation et de chaque peuple.

Dans le monde entier, le changement climatique a maintenant un impact profond sur l'agriculture et sur les modes de vie des peuples indigènes et des paysans ; cet impact va empirer à l'avenir.

L'agro-industrie, avec son modèle social, économique et culturel de production capitaliste globalisée et sa logique qui consiste à produire des aliments pour le marché et non pas pour respecter le droit à une alimentation appropriée, est l'une des causes principales du changement climatique. Son approche technologique, commerciale et politique ne fait qu'exacerber la crise du changement climatique et augmenter la faim dans le monde. Pour cette raison, nous rejetons les Accords de libre-échange, les Accords d'associations et toutes les formes d'application des droits de la propriété intellectuelle sur la vie, les technologies actuellement à la mode (agrochimie, modifications génétiques) et celles qui proposent de fausses solutions (biocarburants, géo-ingénierie, nanotechnologies, etc..) et ne font qu'aggraver la crise en cours.

De même, nous dénonçons la façon qu'a le modèle capitaliste d'imposer des projets de méga-infrastructures et d'envahir des territoires avec des projets d'extraction, de privatisation de l'eau et de militarisation, expulsant des peuples indigènes de leurs terres, faisant obstacle à la souveraineté alimentaire et approfondissant la crise socio-environnementale.

Nous exigeons la reconnaissance du droit de tous les peuples, être vivants et Mère terre, d'avoir accès à l'eau et nous appuyons la proposition du Gouvernement bolivien de reconnaître l'eau comme un Droit humain fondamental..

La définition des forêts utilisée lors des négociations de la Convention des Nations Unies sur le changement climatique, qui inclut les plantations, est inacceptable. Les plantations en monoculture ne sont pas des forêts. Nous demandons donc que, lors de négociations, une définition qui reconnaisse les forêts vierges, les jungles et les différents écosystèmes de la terre soit adoptée

La Déclaration des Nations Unies sur les Droits des peuples indigènes doit être totalement reconnue et intégrée aux négociations sur le changement climatique. La meilleure stratégie et les actions les plus efficaces pour éviter la déforestation et la dégradation des forêts vierges et des jungles, et mieux les protéger, est de reconnaître et de garantir les droits collectifs aux terres et aux territoires, surtout si l'on considère que la plupart de ces forêts sont situées sur les territoires de peuples et des nations indigènes et d'autres communautés traditionnelles.

Nous condamnons les mécanismes de marché tels que REDD (réduction des émissions provenant de la déforestation et de la dégradation des forêts), ainsi que ses versions + et ++, qui violent la souveraineté des peuples et leur droit à un choix préalable librement consenti, de même que la souveraineté des Etats nationaux, les coutumes des peuples et les droits de la nature.

Les pays pollueurs ont l'obligation d'effectuer des transferts directs des ressources économiques et technologiques nécessaires pour financer la restauration et l'entretien des forêts au bénéfice des peuples et des structures organiques ancestrales, indigènes et paysannes. Ces compensations doivent être directes et en plus des sources de financement promises par les pays développés en dehors du marché du carbone, elles ne doivent jamais servir de compensations climatiques (offsets). Nous exigeons que les pays cessent dans les forêts et les bois toute action locale basée sur des mécanismes de marché, elles ne proposent que des résultats inexistants et conditionnés. Nous appelons les gouvernements à créer un programme mondial de restauration des forêts vierges et des jungles géré et administré par les peuples et faisant usage des semences de la forêt, des arbres fruitiers et de la flore autochtone. Les gouvernements devraient éliminer les concessions de forêts et appuyer le maintien des nappes de pétrole dans le sol, et mettre rapidement fin à l'exploitation des hydrocarbures dans les régions de forêts.

Nous appelons les Etats à reconnaître, respecter et garantir la mise en œuvre effective des normes internationales en matière de droits de l'homme et de droits des peuples indigènes, y compris la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples indigènes de la Convention 169 du BIT, parmi d'autres instruments appropriés pour les négociations, politiques et mesures utilisées pour affronter le défi posé par le changement climatique. Nous appelons tout particulièrement les Etats à reconnaître légalement les revendications de territoires, terres et ressources naturelles permettant et renforçant nos modes de vie traditionnels, contribuant ainsi efficacement à la résolution du problème du changement climatique.

Nous demandons l'application complète et effective du droit à la consultation, à la participation et au consentement préalable libre et informé des peuples indigènes lors de tout processus de négociation, et l'élaboration et l'application de mesures en relation avec le changement climatique.

La dégradation de l'environnement et le changement climatique atteignent actuellement des niveaux préoccupants, et les migrations internes et internationales en sont l'une des principales conséquences. Selon des évaluations, il y avait déjà en 1995 environ 25 millions de réfugiés climatiques. On en estime le nombre actuellement à environ 50 millions et on évalue à entre 200 millions et un milliard le nombre d'individus qui seront déplacés à cause de situations résultant du changement climatique d'ici à 2050.

Les pays dévelppés devraient assumer leurs responsabilités face aux réfugiés climatiques, les accueillir sur leurs territoires et reconnaître leurs droits fondamentaux en signant des conventions internationales définissant ce qu'on appelle un réfugié climatique et exigeant de tout Etat qu'il applique ces conventions.

Etablir un Tribunal international des consciences qui dénonce, matérialise, documente, juge et punisse les violations des droits des migrants, des réfugiés et des personnes déplacées, que ce soit dans leur pays d'origine, en transit ou dans le pays de destination, en identifiant clairement les responsabilités des Etats, des entreprises et d'autres agents.

Les financements actuellement destinés aux pays en développement pour lutter contre le changement climatique et la proposition de l'Accord de Copenhague sont insignifiants. En plus de l'aide actuelle au développement et des fonds publics, les pays développés doivent prendre l'engagement de donner chaque année au moins 6% de leur PNB pour battre en brèche le changement climatique dans les pays en développement. Ceci est parfaitement viable si l'on considère qu'un montant similaire est dépensé pour la défense nationale et que l'on a injecté cinq fois plus d'argent pour aller au secours des banques en faillite et des spéculateurs, ce qui pose de sérieuses questions au sujet des priorités générales et de la volonté politique. Ce financement devrait être direct et inconditionnel et ne devrait pas interférer avec la souveraineté nationale ou le droit à l'auto-détermination des communautés et des groupes les plus affectés.

Au vu de l'inefficacité des dispositifs actuellement en vigueur, un nouveau mode de financement devrait être mis sur pieds lors de la Conférence sur le changement climatique de 2010 au Mexique, sous la direction de la Conférence des Parties (COP) de la Convention-cadre des Nations Unies pour le changement climatique (CCNUCC) et devant lui rendre des comptes, avec une représentation significative des pays en développement, pour assurer le respect des engagements de financement des pays de l'Annexe 1.

Il a été déclaré que les pays développés ont augmenté leur émissions de manière significative entre 1990 et 2007, malgré leurs allégations que la réduction serait substantiellement appuyée par les mécanismes du marché.

Le marché du carbone est devenu un commerce lucratif, faisant de notre Terre-Mère un article de commerce. Ce n'est donc pas une alternative valable pour faire face au changement climatique, puisqu'il pille et ravage la terre, l'eau et même la vie.

La crise financière récente a démontré que le marché est dans l'incapacité de réguler le système financier, qui est fragile et incertain à cause de la spéculation et de l'émergence des courtiers intermédiaires. Il serait de ce fait totalement irresponsable de laisser le soin et la protection de l'existence humaine et de notre Terre-Mère entre leurs mains.

Il est inadmissible que les négociations en cours proposent la création de nouveaux dispositifs qui étendent et font la promotion du marché du carbone, alors que les dispositifs existants n'ont ni résolu le problème du changement climatique, ni conduit à des actions réelles et directes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Il est nécessaire d'exiger des pays développés qu'ils remplissent les engagements pris dans le cadre de la CCNUCC en matière de développement et de transferts de technologies, et qu'ils renoncent à proposer des « vitrines technologiques » qui ne font que commercialiser de la technologie. Il est essentiel d'établir des directives destinées à la création d'un mécanisme multilatéral et pluridisciplinaire pour le contrôle, la gestion et l'évaluation coopératifs des échanges de technologies. Ces technologies doivent être utiles, propres et socialement irréprochables. De même, il est fondamental d'établir un fonds pour le financement et l'inventaire des technologies appropriées et libres de droits de propriété intellectuelle. Les brevets en particulier devraient passer des mains de monopoles privés au domaine public afin de garantir leur accessibilité et un coût peu élevé.

La connaissance et ses applications technologiques sont universelles et ne devraient en aucun cas faire l'objet de propriété privée ou d'usage privé. Les pays développés sont responsables du partage de leur technologie avec les pays en développement, de la construction dans ces pays de centres de recherche pour la création de technologies et d'innovations, et de la défense et de la promotion de leur développement et de leurs applications en matière de « bien-vivre ». Le monde doit redécouvrir et réapprendre les principes ancestraux et les approches des peuples indigènes pour arrêter la destruction de la planète ; il doit également promouvoir les pratiques, les connaissances et la spiritualité ancestrales afin de retrouver la capacité de « bien vivre » en harmonie avec la Terre-Mère.

Compte tenu du manque de volonté politique de la part des pays développés pour respecter effectivement leurs engagements et obligations vis-à-vis de la CCNUCC et du Protocole de Kyoto, et étant donné le manque d'organisme international légal chargé de prévenir et de sanctionner les crimes envers le climat et l'environnement en violation des droits de la Terre Mère et de l'humanité, nous exigeons la création d'un Tribunal international pour la justice climatique et environnementale qui ait la capacité légale de prévenir, juger et pénaliser les Etats, l'industrie et les personnes qui volontairement ou par omission polluent ou provoquent le changement climatique.

Nous entendons soutenir les Etats qui déposent plainte auprès du Tribunal international pour la justice climatique et environnementale contre les pays développés qui ne remplissent pas leurs obligations envers la CCNUCC et le Protocole de Kyoto et ne tiennent pas leurs engagements de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Nous demandons instamment aux peuples de proposer et de promouvoir des réformes profondes au sein des Nations Unies, afin que tous les Etats membres observent les décisions du Tribunal international pour la justice climatique et environnementale.

L'avenir de l'humanité est en danger et nous ne pouvons pas permettre à un groupe de dirigeants des pays développés de décider pour tous les autres pays, comme ils ont essayé (sans succès) de le faire lors de la Conférence des Parties à Copenhague. Cette décision nous concerne tous. Il est donc essentiel de lancer un référendum mondial ou une consultation populaire sur le changement climatique par laquelle tou-te-s seront consultés en ce qui concerne les points suivants : le niveau de réduction des émissions des pays développés et des sociétés multinationales, le niveau de financement offert par les pays développés, la création d'un Tribunal international pour la justice climatique et environnemental, le besoin d'une Déclaration universelle des droits de la Terre-Mère, et le besoin de changer le système capitaliste actuel. Le processus de référendum mondial ou de consultation populaire dépendra du processus de préparation garant de son succès.

Afin de coordonner notre action internationale et d'obtenir des résultats de cet « Accord des Peuples », nous appelons à la mise sur pied d'un Mouvement mondial des peuples pour la Terre-Mère, qui devrait avoir pour base les principes de complémentarité et de respect pour la diversité des origines et des visions de ses membres, établissant ainsi un espace large et démocratique pour la coordination et les actions communes dans le monde entier.

Dans ce but, nous adoptons le plan global d'action ci-joint pour qu'au Mexique les pays développés listés dans l'Annexe 1 respectent le cadre légal existant et réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre de 50%, et que les différentes propositions contenues dans cet accord soient adoptées.

Finalement, nous décidons de tenir une Seconde conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre-Mère en 2011 comme faisant partie du processus de construction du Mouvement mondial des peuples pour la Terre-Mère et en réaction aux résultats de la Conférence sur le changement climatique qui se tiendra à la fin de cette année à Cancún au Mexique.

Thursday, April 8 2010

Scientifiques : -40% GES pour sauver le climat, politiques : +40% GES pour sauver les spéculateurs?

De belles promesses...

  • L'"accord" de Copenhague stipulait que les pays signataires devaient faire fin janvier 2010 des promesses unilatérales de réduction d'émissions de gaz à effet de serre (GES) pour 2020.
  • Début février 2010, 28 états ou groupes d'états ayant ratifié l'accord et représentant 75% des émissions mondiales de GES, se sont engagés sur des objectifs chiffrés.
  • La guerre de la communication verdâtre a ainsi commencé : beaucoup de chiffres, de pourcentages, ont été avancés, afin de brouiller les cartes et de produire un chiffre proche de l'objectif de réduction d'émissions de gaz à effet de serre préconisé par le GIEC en 2020 : -40%, par rapport aux émissions de 1990.

Décryptage

  • Les états qui ont promis de faire un geste pour le climat ont fait preuve de créativité afin de se mettre le moins de contraintes sur le dos et/ou produire un pourcentage le plus proche possible des fameux -40% en 2020 du GIEC. Florilège :

1. Retour aux émissions de GES d'une année antérieure, moins un pourcentage

Il s'agit ici de promettre de réduire les émissions globales de GES du pays jusqu'à atteindre les émissions enregistrées au cours d'une certaine année, moins un certain pourcentage. C'est la solution qui a été adoptée par une majorité de pays.

Tout le travail du communicant verdâtre consiste alors à bien choisir l'année de référence, afin de faire une promesse la moins contraignante possible. Il est par exemple plus facile aux USA de revenir à leur niveau d'émissions de GES de 2005 moins 17%, que de faire la même chose par rapport à 1990, car les émissions de CO2 étasuniennes ont augmenté d'environ 20% entre 1990 et 2005... Les facétieux états ou groupes d'états ont donc promis en se basant sur 4 années de référence différentes...

Cette ficelle est cependant très grosse et il suffit d'une rapide règle de trois pour exprimer leurs promesses de réduction par rapport à 1990.

2. Réduire les émissions de GES du pays par rapport à ce qu'il aurait émis en 2020 s'il n'avait rien fait.

Plus tordu, certains pays ont choisi de promettre de réduire leurs émissions de GES par rapport à ce qu'ils auraient émis en 2020 s'ils n'avaient rien fait pour réduire les dites émissions. Là on ne se base plus sur les niveaux d'émissions enregistrés par le passé, mais sur ce qui se serait passé dans l'avenir si rien n'avait été entrepris ("scénario tendanciel"). Celà implique bien-sûr d'avoir un "modèle" pour prévoir les émissions futures du pays en fonction de différents scénarii d'action, avec toutes les incertitudes liées à ce genre de projections...

On peut cependant exprimer relativement facilement ces promesses de réduction par rapport à 1990 en se basant sur les projections du modèle d'émissions.

3. Réduire l'intensité carbone du pays par rapport à une année de référence

De grands pays du Sud comme la Chine et l'Inde ont déployé un rideau de fumée beaucoup plus opaque en promettant de réduire leur "intensité carbone". L'intensité carbone c'est simplement les émissions annuelles de GES d'un pays divisées par la richesse produite pendant la même année dans le dit pays (le tristement célèbre Produit Intérieur Brut). L'intensité carbone quantifie donc la quantité de gaz à effet de serre émise pour produire un dollar dans le pays pendant l'année. L'avantage de cet indicateur, c'est de diviser deux quantités qui, dans le cas de la Chine et de l'Inde, n'augmentent mais pas à la même vitesse. Le PIB augmentant environ deux fois plus vite que les émissions de GES dans ces pays, on obtient au final un pseudo-indicateur de "niveau de pollution" qui baisse (enfin!).

En divisant dans un rapide calcul de coin de table les prévisions tendancielles d'émissions de GES par les prévisions tendancielles de croissance économique (i.e. l'augmentation annuelle du PIB) de la Chine, on se rend compte que l'intensité carbone de ce pays devrait baisser de 40% en 2020 par rapport à 2005, alors même que les émissions de GES continueront à augmenter de 3% par an. La Chine pourrait donc avoir simplement promis de ne rien changer dans le cadre de Copenhague, si les prévisions de croissance et d'émissions de GES se réalisent...

La Chine étant le premier émetteur mondial de GES, une augmentation de 3% par an de ses émissions entrainerait une augmentation des émissions mondiales de GES de 35% en 2020 par rapport à 1990 (à comparer aux -40% préconisés par le GIEC...) Il faut cependant souligner que 30 à 50% de ces émissions servent à fabriquer les produits made in China qui alimentent notre frénésie de consommation.

En faisant des hypothèses de croissance et d'émissions de GES, on peut exprimer ces promesses de réduction par rapport à 1990.

Bilan global

Si l'on fait le bilan de toutes les simili promesses de réduction d'émissions faites dans le cadre de Copenhague, on obtient donc une augmentation globale de 46% des émissions mondiales de GES en 2020 par rapport aux niveaux de 1990, au lieu de la réduction de 40% fixée par les scientifiques...

Cliquez sur le graphe ci-dessous pour voir la part des émissions de GES des pays ayant fait des promesses pour Copenhague dans l'évolution des émissions mondiales en 2020, par rapport aux émissions de 1990.

GHG_pledges2020

Tuesday, March 23 2010

Climat Justice Nantes au festival Ecolotidien

Climat Justice Nantes était représenté au forum des associations du festival Ecolo'tidien le 23 mars 2010 sur le parvis de la fac de lettres.

Eco

Ecolotidien2

Tuesday, February 23 2010

Lecture collective de la déclaration des peuples du Klimaforum

Klimaforum09

Qu'est ce que c'est?

Le Klimaforum était le sommet alternatif sur le climat des organisations non gouvernementales (ONG) pendant le sommet de Copenhague. Il a accueilli pendant les 2 semaines du sommet 202 débats, 70 expositions, 43 films, 16 concerts et 11 pièces de théâtre. L'une des contributions majeures de cette convergence unique des mouvements sociaux et environnementaux est la déclaration des peuples du Klimaforum. Cette déclaration a été rédigée par les représentants de 70 ONG lors du sommet de Copenhague les 8-9-10 décembre 2009, à partir de contributions Internet récoltés pendant les 6 mois précédents.

Pourquoi?

L'objectif de cette déclaration était d'exprimer les attentes, les idées et la vision de groupes de citoyens et des mouvements sociaux de tous les coins de la planète sur l'avenir climatique. Ce texte de consensus représente une remarquable synthèse des idées sous-tendant le mouvement naissant pour l'urgence climatique et la justice sociale.

Une lecture collective

Nous avons procédé à une lecture collective de cette déclaration au sein du collectif Climat Justice nantais, afin de déterminer si elle pouvait constituer une base d'idées communes pour structurer notre mouvement et relever les éventuels points de désaccord entre cette déclaration globale et nos aspirations locales.

A tour de rôle, chaque participant a lu à voix haute un paragraphe de la déclaration des peuples. Le texte a été commenté puis approuvé. Cette lecture a permis de mieux appréhender le texte, fondateur du collectif. Certaines notions ont porté à discussion ou critiques ; le texte pêche parfois par une traduction approximative. Certains termes et notions sont peu en adéquation avec notre culture et aspirations idéologiques, cela s’explique par l’origine géographique des rédacteurs.

Les commentaires du groupe ont principalement porté sur :

  • page 3 : l'énumération des différentes composantes du « mouvement populaire fort » (« les jeunes, les femmes, les travailleurs …). Une énumération aussi précise est toujours dangereuse car on oublie fatalement des tendances.
  • Page 6 : « Planification écologique des zones urbaines et rurales » : une réaction au terme « planification », trop connoté. Le groupe souligne que « léger et rapide » ne sont pas les qualificatifs qu'il emploierait pour décrire le train idéal que nous appelons de nos voeux : économe et peu onéreux conviendrait plus à nos objectifs de justice climatique.

Il n’en reste pas moins que c’est un texte majeur qui a fait l’unanimité du groupe présent à la réunion.

Nous incitons les citoyens intéressés à procéder à leur propre lecture du texte et à poster leurs éventuels commentaires à la suite de ce billet.

Une synthèse

Les idées directrices de la déclaration ont été synthétisée dans la page de ce blog : "Synthèse de la déclaration des peuples du Klimaforum"

Monday, February 15 2010

Réunion février

La réunion de février du collectif aura lieu jeudi 18/02 à 18h30 dans les locaux associatifs 4, place de la manufacture

Ordre du jour :

  1. 18h30 - 19h : bilan des actions des groupes
  2. 19-20h : Lecture collective de la déclaration des peuples du Klimaforum
  3. 20-20h15 : Nom et logo du collectif
  4. 20h15-20h30 : Prochaines action du collectif

Important : les réunions commencent à l'heure ... pour finir à l'heure...

Tuesday, February 2 2010

Flopenhague, suite : les états livrent leurs objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre pour 2020

Rappel

Dans le cadre de l'"accord" de Copenhague, les pays développés et en développement devaient annoncer leurs objectifs unilatéraux de réduction d'émissions de gaz à effet de serre (approche dîte de "promesse-et-contrôle") fin janvier 2010, ce que certains d'entre eux ont fait. Les résultats sont édifiants...

Les objectifs de réductions des "pays développés" :

http://unfccc.int/home/items/5264.php

Les objectifs de réduction des "pays en développement" :

http://unfccc.int/home/items/5265.php

Un tableau de synthèse avec tous les pourcentages exprimés en référence aux émissions de 1990 (RAC-USA) :

http://www.usclimatenetwork.org/policy/copenhagen-accord-commitments

La page "TERREmomètre" à droite permet de visualiser l'augmentation de température moyenne terrestre en 2100 causée par ces demi-mesures, symptomes de l'aveuglement de nos "dirigeants".

Une synthèse graphique des objectifs de réduction des "pays développés" produite par le World Resources Institute

http://www.wri.org/publication/comparability-of-annexi-emission-reduction-pledges/chart

Saturday, January 9 2010

Collectif climat-justice à Nantes : ça continue!

Qui sommes nous?

Membres :

ACIPA, Alisee, Amis de la Terre 44, Attac 44, Bolivia Inti, Coordination des opposants au projet d'aéroport de Notre Dame des Landes, Et si on s'activait? Greenpeace Nantes, Guinée 44, Ligue des Droits de l’Homme 44, Nature Avenir, Oxfam, Union Syndicale Solidaires

Avec le soutien de :

Europe Ecologie, Les Alternatifs 44, NPA 44, Parti de Gauche 44 et en collaboration avec Ecopôle CPIE Pays de Nantes

Actions réalisées

  • Octobre 2009 : création du collectif En route pour Copenhague!
  • 21/11/09 : journée information climat/Copenhague
  • 30/11/09 : conférence/débat avec H. Le Treut, G. Lemaire et R. Dantec : 200 pers.
  • 05/12/09 : flashmob sonore « du bruit pour le climat »
  • 12/12/09 : envoi d'un minibus à Copenhague, manifestations à Copenhague (15 personnes) et à Nantes + action tour de Bretagne
  • 22/12/09 : projection Age of Stupid et debriefing Copenhague (120 pers.)
  • 05/01/10 : la décision est prise par une vingtaine de personnes de poursuivre les actions du collectif

Activités identifiées par le collectif

Formation-débat internes :

Qui sommes nous? Quelles sont nos idées communes?

  • 18/01/10 : lecture collective de la déclaration des peuples du Klimaforum à 18h30, 42 rue des Hauts Pavés à Nantes
  • Débat contradictoire sur le projet d'aéroport de Notre Dame des Landes

Actions d'éducation populaire

  • Veille sur les négociations internationales sur le climat et les politiques nationales/régionales
  • Information du public (blog, interventions dans écoles, facs, festivals...)
  • Thèmes retenus : climat-justice et élections régionales, taxe carbone, Bonn (juin), modes de vie alternatif (réalisation d'un guide des alternatives à Nantes)

Actions médiatiques

Nos actions adoptent une forme non violente, innovante et drôle, afin de pouvoir acquérir une couverture médiatique riche et favorable. Les actions médiatiques comme celle de la tour de bretagne sont considérées comme les plus efficaces (ex du collectif BIZI). Le militantisme d'aujourd'hui se doit de réellement prendre en considération la communication de ses actions.

Organisation

  • Création de groupes autonomes par thèmes, avec 1 référent
  • 1 réunion mensuelle pour faire le bilan et orienter

Tuesday, December 22 2009

De Kyoto à Copenhague

Un rappel des objectifs et mécanismes du protocole de Kyoto et un bilan du sommet de Copenhague.

Acte 1 : Kyoto (1997)

  • Le protocole onusien de Kyoto, signé en pleine période de capitalisme financier triomphant, a confié l'avenir climatique de notre planète à la mythique main invisible du marché
  • Des quota d'émissions de GES sont fixés pour les pays industrialisés signataires
  • Les grandes entreprises industrielles reçoivent gratuitement des droits d'émissions de gaz à effet de serre (GES) et les échangent sur un marché
  • Seule l'Europe a mis en place ce genre de marché depuis 2005 : résultat, fin 2007 la tonne de CO2 valait 0.02 euros...
  • Les « mécanismes de développement propre » (MDP) permettent aux entreprises de récupérer des crédits d'émission si elles investissent pour réduire leurs émissions dans les pays en voie de développement
  • Comme ça coûte beaucoup moins cher et que les contrôles des réductions effectives de GES sont très mauvais dans les PVD, les entreprises européennes ont massivement utilisé les MDP (surtout en Chine) pour récupérer des crédits carbone et pouvoir continuer à polluer dans les pays développés, tout en respectant leurs engagements de Kyoto (même mécanisme que la « compensation carbone »)
  • Le nouvel accord de Copenhague est dans la même logique de marché. Il est même envisagé d'inclure la forêt et les terres agricoles dans le marché du carbone, les livrant aux spéculateurs de tout poil qui commencent à créer des hedge funds et des subprimes sur le marché carbone mondial naissant
  • Quel accord a donc été trouvé à Copenhague?

Acte 2 : Copenhague (2009)

Les négociations

  • Même si de nombreux observateurs tiennent la Chine pour responsable de l'échec des négociations, N. Klein et G. Monbiot soulignent l'attitude catastrophique des USA, qui n'ont fait aucune proposition significative, alors que le reste du monde les attendait pour bouger.
  • Les pays du Sud ont été les leaders des négociations, alors que l'Europe s'est complètement effacée.
  • L'un des seuls points positifs du sommet a été la présence de dizaine de milliers de militants pacifiques, dont beaucoup de jeunes. Le Klimaforum a été un carrefour d'idée et de rencontres. La convergence des luttes sociales et environnementales s'est produite à Copenhague et, on l'espère, fructifiera...
  • Le sommet a été gâché par l'organisation danoise, avec l'exclusion des ONG et des pays du sud des négociations la deuxième semaine, une police/milice pratiquant l'arrestation préventive à tout vat, des gymnases/dortoirs à moitié remplis et très loin du centre ville (mais des squats en plein air pleins)

L'"accord"

  • Le texte est issu d'un processus anti-démocratique : sous l'impulsion des USA, il a été rédigé par le G20 et soumis ensuite à l'approbation de l'ONU et à la ratification des “parties” (pays) présents : ~ 120 sur 192 avaient signé le 20/12 (Chine et Inde pas très motivés...)
  • Il n'y a eu aucun accord sur des objectifs globaux de réduction d'émissions de GES (seul est réaffirmé l'objectif de limiter l'augmentation de température à 2°C)
  • Les pays (développés et en développement) doivent définir eux-mêmes leurs objectifs de réduction pour le 01/02/10 et les appliquer ensuite (système “pledge-and-control” : promesse et contrôle)
  • Ce mode de fonctionnement (inspiré manifestement par les USA) est une régression par rapport à Kyoto (où des objectifs de réduction globaux (même faibles) avaient été décidés. Il ne garantit en aucune façon que les objectifs de réduction globaux seront suffisants.
  • Le problème des contrôle des émissions s'est posé : le Nord voulait imposer au Sud des contrôles internationaux, ce qui a fait achopper les négociations avec la Chine. N. Klein parle d'une tactique délibérée des USA pour susciter une opposition de la Chine et lui faire endosser la responsabilité de l'échec des négociations.
  • Importante défaite pour les européens et les pays les plus pauvres : mettre sur un pied d’égalité l’adaptation aux effets du changement climatique (par exemple aux baisses de productivité agricole) et l’adaptation aux mesures prises pour le limiter (par exemple aux pertes de revenus des pays pétroliers, beaucoup plus importants et faciles à chiffrer).
  • Le Nord « fournira des moyens » pour l'adaptation


Le fond d'aide à l'adaptation aux conséquences du dérèglement climatique

  • Le Nord s'engage à verser 10 milliards par an pour l'adaptation d'ici 2012 (« fast start »). Actuellement, les USA ont promis (royalement) 4 milliards et l'Europe 11 milliards : il en manque...
  • Et ensuite 100 milliards/an à partir de 2020
  • Pour info : 1) les besoins financiers pour l'adaptation sont évalués à 200 milliards/an, 2) le congrès US vient de voter 600 milliards de budget militaire pour 2010...
  • Ce fond d'adaptation sera alimenté par des fonds publics (facilement traçables), privés (difficilement traçables et orientables) et « alternatifs » (la taxe Tobbin sauce Sarkozy... mais le fond doit être alimenté par le Nord : quid des flux financiers des grands centres financiers du Sud : Hong Kong...?)
  • Ces fonds seront gérés par des « organes internationaux » : banque mondiale, fond mondial pour l'environnement et un nouveau « machin » : le 'Copenhagen Green Climate Fund'
  • L'argent ira en priorité aux plus pauvres
  • Les sommes débloquées devront s'ajouter à l'aide au développement « classique »
  • Les sommes devront être « prédictibles » d'année en année et « adéquates »...

Les "mécanismes" de lutte contre le dérèglement climatique

  • Le marché carbone est évoqué comme un « outil possible », sans plus de précisions
  • L'extension du marché carbone à la forêt et aux terres agricoles (REDD+) est mentionné comme nécessaire, mais aucun accord n'a été conclu sur le contenu du REDD+
  • Un mécanisme de transfert de technologie est prévu, mais rien de concret n'est dit sur son fonctionnement
  • L'accord sera amendable après le prochain rapport du GIEC en 2015

Acte 3 : après Copenhague...

  • Les prochaines négociations internationales sur le climat de l'ONU auront lieu à Bonn mi-2010, puis à Mexico pour la prochaine COP en novembre-décembre 2010
  • Vu l'immobilisme criminel et le manque de vision des politiques au niveau international, il devient plus urgent que jamais d'oeuvrer au niveau local. Différents types d'action sont envisageables :
  1. Action d'éducation populaire aux problématiques climatiques et pression sur les élus locaux par les collectifs Copenhague.
  2. Camps climat comme vitrine des alternatives.
  3. Plans énergie-climat citoyens nationaux ou régionaux ou locaux, pour proposer des alternatives réalistes et étayées aux politiques locaux (Negawatt, Virage Energie, Virage Energie-Climat, Villes en transition)

Thursday, December 17 2009

Témoignage Copenhague : rafles policières dans la manifestation pacifique du 12/12/09



Copenhague, 12/12/09, 16h, la nuit tombe sur la ville.
A l'arrière de LA grosse manif citoyenne qui réclame un accord ambitieux et juste pour résoudre la crise climatique, la situation est tendue. Un millier de manifestants pacifiques sont bloqués dans une rue entre deux cordons de fourgons, de chiens et de policiers en armure. En face, quelques centaines de manifestants font face à la rangée policière et réclament la libération immédiate des militants qui ont été encerclés sous leurs yeux.

En première ligne, face aux flics, les appareils photos crépitent les caméras, filment en gros plan les « gardiens de la paix » au regard vide qui font face aux militants pacifiques. Derrière, une batucada, fanfare de musique brésilienne du « pink bloc », emplit la rue de rythmes endiablés qui portent les protestataires. Bloquée par le barrage policier, la batucada a contourné l'obstacle et est venue en soutien des militants qui réclament la libération des manifestants, alors que le gros du cortège est déjà loin. Face à la froide violence légale, les manifestants dansent, chantent, scandent les slogans lancés par la batucada : « Let them go! » « This is what democracy looks like! ».
Les roulements des grosses caisses rebondissent sur les parois des immeubles, plantant le décor de la confrontation tribale : par deux fois les armures moyen-âgeuses siglées « Politi » repoussent les manifestants qui battent en retraite calmement, soutenus par la batucada. Derrière les camions, ça s'agite, on voit passer des pancartes, des groupes de militants.

Vers 18h, tout s'arrête, les flics viennent poliment demander aux manifestants « ce qu'ils font là dans la rue » (sic). Ils expliquent alors calmement que les 720 camarades qui étaient encerclés derrière les camions ont simplement été évacués vers un camp de garde à vue. Cause de l'intervention policière : simple prévention du danger potentiel que représentaient les manifestants. Aucune dégradation matériel ou physique n'a eu lieu dans cette rue, mais plusieurs centaines de militants finiront la manifestation en garde à vue. « C'est légal » nous explique très calmement le flic, c'est une « expression de la démocratie danoise »...

Mathieu



Wednesday, December 16 2009

La tour des média

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Le message de la tour résonne, revue de presse et d'ailleurs :

EUradio

Animafac

Bretagne Durable

Nantes métropole

Sun radio

Attac

Ecopôle

Europe Solidaire et Sans Frontière

20 minutes

Nantes ma ville

Ouest France 1

Ouest France 2

Ouest France 3

Et si on s'activait à Ouest France?

La "Tour de Bretagne" s'exprime sur le climat, Nantes, 12-13/12/09

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Wednesday, December 9 2009

Et si on s’activait pour le climat....?

Une action phare va être organisée sur l’un des édifices les plus visibles de la Ville de Nantes le week-end du Samedi 12 et Dimanche 13 Décembre 2009.

En effet, dans le cadre de la Conférence des Nations Unies à Copenhague au Danemark du 7 au 18 Décembre 2009 (15ème Conférences des Parties : COP15), les quatre façades de la Tour de Bretagne de Nantes vont laisser apparaître un message. Il s'agira, grâce à l’action des employés : baisser leurs rideaux de fenêtres le vendredi soir, de former des lettres traduisant un message à destination des personnes se trouvant dans les rues du centre-ville. Il sera écrit « WE CAN ACT NOW» en écriture verticale sur les 4 façades de la tour.

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Le but est de prévenir les non avertis de cette conférence sur les changements climatiques ainsi que de proposer aux citoyens qui le souhaitent de s’informer davantage sur les enjeux de Copenhague, sur le rôle de ses acteurs et sur les effets d’une telle pression citoyenne.

Le collectif nantais pour l’urgence climatique et la justice sociale sera présent le samedi 12 et vous donne RDV à 15h devant la Préfecture pour une marche dans la ville jusqu’au parvis de la Tour de Bretagne.

Cette communication visuelle sur la Tour de Bretagne ne nécessitera aucune dépense d’argent si ce n’est la bonne volonté des copropriétaires, des employeurs et employés de la Tour de Bretagne ainsi que de l’huile de coude des bénévoles de l’Association « Et si on s’activait ? » , organisatrice de l’action.